Nouvelle parution du duo Simon Côté-Lapointe et Magella Cormier
Depuis plus d’une vingtaine d’années, Simon Côté-Lapointe et Magella Cormier partagent une pratique musicale commune, à travers divers projets et formations. Singularités cristallise cette longue complicité sous sa forme la plus directe : des improvisations libres en formation duo claviers et batterie.
L’album emprunte au free jazz, à la fusion et au métal sans appartenir entièrement à aucun de ces univers. Toutes les pièces sont nées dans l’instant — certaines enrichies après coup de boucles et d’overdubs de claviers, sans jamais trahir l’énergie brute des sessions originales.
En physique, une singularité désigne un point de rupture, un instant où les règles ordinaires cessent de s’appliquer. Chaque improvisation de cet album est de cet ordre : un événement unique, irremplaçable, qui n’existe qu’une seule fois. Un moment d’improvisation dont l’unicité constitue à la fois la matière et la raison d’être.
Singularités incarne une musique sans compromis, fruit d’une complicité si ancrée qu’elle se passe désormais de tout accord préalable.
Un spectacle de musique mixte pour huit musiciens et séquence avec archives réalisé en mai 2025 en collaboration avec le Centre d’expérimentation musicale (CEM) au Saguenay.
Un projet musical pour un groupe de huit musiciens qui vise à explorer et combiner diverses instrumentations, matériaux sonores, méthodes d’écriture et d’improvisation avec comme trame de fond et ligne directrice l’histoire de Chicoutimi à travers l’exploitation d’archives orales et historiques. L’objectif était de créer sur mesure, pour et en étroite collaboration avec les musiciens du CEM lors d’une résidence de création de 4 semaines à Chicoutimi, sept compositions pour un spectacle et une captation vidéo d’une durée d’environ 1h.
L’ensemble des compositions est envisagé comme un tout, un spectacle-concept articulé autour de cinq thématiques inspirées de Chicoutimi et du Saguenay : Forêt, Rivières, Ancêtres, Français et Futur. Le processus compositionnel est envisagé à travers des archives. Des archives sonores provenant de la Société historique du Saguenay et du Musée Ilnu de Mashteuiatsh ont été sélectionnées en lien avec les thématiques afin de constituer une banque de sons et de textures sonores pré-travaillées qui ont servi comme trames structurelles et intégrées aux compositions. Celles-ci sont utilisées de différentes façons tout au long du spectacle: tantôt comme matériel signifiant et ce qu’il peut évoquer (paroles, chants d’oiseaux, etc.), tantôt comme matériau sonore étire, trituré, accéléré, ralenti, etc. C’est un spectacle qui s’inscrit surtout dans l’émotion et une certaine subjectivité symbolique plutôt que dans une perspective historique et narrative. À l’aide des archives, le passage du temps est évoqué, un dialogue entre passé et présent est ainsi rendu possible et permet l’exploration du subconscient collectif et individuel.
À propos du titre : un projet “saguenayen”
Quelques précisions à propos de la signification du titre “Préhensions des strates de sédimentation historique saguenayenne”…
D’abord, le mot “préhension”. Pour Alfred North Whitehead (dans Process and Reality, 1929), la “préhension” est le concept technique central de sa métaphysique : c’est la relation fondamentale par laquelle une entité actuelle intègre en elle des éléments de son passé, une forme de saisie expérientielle qui précède la conscience et la cognition rationnelle. Le concept exprime donc la démarche de création qui se fonde sur un processus mémoriel de “digestion” des archives, fondement du projet, processus qui n’est pas dicté par une approche objective, mais qui relève plutôt de la dialectique entre archives (contenus, contenants, contextes) et le subconscient du compositeur.
Originalement utilisé en géologie, le concept de “strates de sédimentation” est à envisager selon différents points de vue qui, qui ont cependant en commun l’idée centrale que le présent est fait de couches de passé encore actives, non résolues. Dans Mille Plateaux (1980) de Deleuze et Guattari, “strates” devient un concept philosophique à part entière. Chez eux, une strate est le nom du processus même par lequel du chaos (flux intensifs) devient de la forme, de l’identité, du territoire. Freud emploie la même image composée, un terrain stratifié par sédimentation successive, pour décrire l’inconscient, où l’ancien est recouvert mais jamais effacé par le nouveau. Le concept entier (couches + processus de dépôt) sert chez lui à décrire l’accès difficile et partiel à la mémoire refoulée. Ainsi, le concept de “strates de sédimentation” est aussi largement repris pour décrire l’accumulation historique et culturelle d’un lieu ou d’une identité, une manière de dire qu’une identité régionale ou une mémoire collective ne se lit pas d’un bloc, mais couche par couche et à travers de le processus mémoriel qui se fait à partir de la lecture des archives et de leur recontextualisation au présent à travers leur exploitation créative.
“Historique” : relatif à l’Histoire documentée, factuelle, narrative. C’est l’adjectif qui ancre le titre dans le matériau d’archives réel (fonds, cotes, institutions comme la Société historique du Saguenay) utilisé comme vecteur de création.
“Saguenayenne” est un terme repris par Gérard Bouchard dans son livre Terre des humbles. Les Saguenayens 1840-1940 (2025), dans la filiation directe de Mgr Victor Tremblay (pionnier de l’histoire de la région). Bouchard justifie explicitement ce choix, à la page 24 de l’ouvrage : il emploie “Saguenay” (et donc l’adjectif “saguenayen” ou “saguenayenne” qui en dérive) pour désigner l’ensemble du territoire Saguenay–Lac-Saint-Jean, en reprenant la représentation originelle héritée des peuples autochtones qui ont nommé ce territoire bien avant les descendants d’Européens, appuyé aussi par la réalité géographique (un seul bassin hydrographique et pédologique). C’est donc un choix qui porte, dans sa définition savante même, à la fois la portée territoriale large et la reconnaissance de l’antériorité autochtone.
Note : La captation du spectacle sera publiée sous peu sous forme de vidéo et d’album! À venir en 2026…
Musiciens participants
Simon Côté-Lapointe : Composition, claviers, séquences
Andréa Doucet : Saxophones soprano et ténor
Sébastien Savard : Violon électrique
Samuel Gaudreault : Guitare électrique
Pascal Beaulieu : Guitare électrique
Luc Lévesque : Basse électrique et contrebasse
Robert Pelletier : Percussions, vibraphone et marimba
Mathieu Létourneau : Batterie
Programme du spectacle
Le spectacle “Préhensions des strates de sédimentation historique saguenayenne” a été présenté en première mondiale le 8 mai 2025 à Chicoutimi-Nord dans le cadre du Festival des Musiques de Création.
“Ceux qui vivent dans les fentes de roches”. Légende racontée par Roger Valin. Fonds d’archives : SHEUEU, Numéro de référence : 31820, Année d’acquisition : 2015.
“Le quêteux (Conte)”. Raconté par Patrick Courtois. Fonds d’archives : SHEUEU, Numéro de référence : 31820.
Documents sonores provenant du site L’Oiseau son de Jocelyn Lauzon
Écureuil roux – Forêt boréale de la Haute-Côte-Nord – 30 mai 2018 – 8h27.wav
Junco ardoisé – Forêt boréale de la Haute-Côte-Nord – 29 mai 2018.wav
Paruline à croupion jaune – Chant 02 – Forêt boréale de la Haute-Côte-Nord – 30 mai 2018 – 12h45.wav
Rainette crucifère – Forêt boréale de la Haute-Côte-Nord – 30 mai 2018 – 8h20.wav
Roitelet à couronne dorée – Forêt boréale de la Haute-Côte-Nord – 30 mai 2018.wav
Roitelet à couronne rubis – Forêt boréale de la Haute-Côte-Nord – Stereo Dawn Chorus – 30 mai 2018.wav
Roselin pourpré – Chant – Forêt boréale de la Haute-Côte-Nord – 30 mai 2018 – 8h45.wav
Bruant à gorge blanche – Forêt boréale de la Haute-Côte-Nord – 29 mai 2018.wav
Bruant de Lincoln – Chant – Forêt boréale de la Haute-Côte-Nord – 30 mai 2018 – 5h50.wav
Chants du matin – Parc National du Mont-Tremblant.wav
Voix supplémentaires
Enregistrements réalisés à Chicoutimi en 2025 dans le cadre du projet. Merci aux participants et participantes.
Cette nouvelle parution consiste en trois albums doubles : Hapax (volumes 1 et 2), constitués d’improvisations et de compositions originales; Ataraxie(volumes 1 et 2), d’inspiration méditative, mettant en valeur des compositeurs classiques et contemporains; et Animus/Anima(volumes 1 et 2), deux disques d’interprétation de compositions de musiciens jazz. Totalisant près de 6 heures de musique, les six disques, bien qu’ils mettent en valeur différentes facettes du jeu pianistique, ont en commun de mettre de l’avant le champ des possibles de l’improvisation. Les sujets, les intentions et choix stylistiques offrent un large panorama qui va de la musique moyenâgeuse au jazz en passant par la musique baroque, classique, contemporaine et actuelle.
Album de Simon Côté-Lapointe et Magella Cormier à paraître en décembre 2024
Je suis heureux de vous inviter au lancement de cet album qui est le fruit d’un travail de plus de 7 ans.
Topochronies est un projet de musique mixte jazz-progressif-expérimental qui combine improvisation et composition, séquences électroacoustiques et électroniques, et instruments acoustiques et électriques. Composé et réalisé par le claviériste Simon Côté-Lapointe avec la collaboration du batteur Magella Cormier. L’album-concept est une fresque dense et complexe qui se déploie musicalement sur plusieurs plans, mais qui prend comme points d’ancrage un lieu (topo), le Québec, exploré à travers ses temporalités (chrono) manifestées par des archives sonores.
Le lancement aura lieu le 1er décembre 2024 à La Sotterenea, 4848 St-Laurent, Montréal.
Fusionnant la musique carnatique du sud de l’Inde et un jazz aux textures résolument modernes, ces compositions originales pour guitare, clavier, violon et batterie offrent un voyage mélodique coloré.
Avec : Joy Anandasivam (guitare), Simon Côté-Lapointe (claviers), Bertil Schulrabe (batterie et percussions) et Anjana Srinivasan (violon)
En spectacle au Bar social le dimanche 10 novembre 2019 de 18h30 à 21h30, 3819 Rue Wellington, Verdun, Montréal.
Taxon Lazare est un trio composé de Michaël Cotnoir (guitare), Simon Côté-Lapointe (clavier) et Jonathan Gagné (batterie). Le groupe de type organ trio propose un hard bop énergique qui revisite des classiques de George Benson, John Scofield et Andrew Hill, notamment, en plus de ses propres compositions. De la rencontre de ces trois musiciens accomplis émerge un jazz de haut niveau où le swing et le groove prennent place aux côtés d’envolées virtuoses.
Le quartet de jazz contemporain est de retour après un hiatus de 13 ans
Malarafe est un quatuor jazz à l’instrumentation classique : sax, piano, contrebasse et batterie, qui a été extrêmement actif sur la scène montréalaise de 2001 à 2005. Le groupe interprète les compositions de ses membres avec un esprit libre et créatif. Suite au déménagement du batteur Jonathan Racine-Ménard à Boston pour étudier la musique à Berklee, le groupe a cessé ses activités. Maintenant que toute l’équipe est à Montréal, le groupe se réunit après 13 ans d’absence sur scène pour présenter son jazz résolument contemporain et énergique.
Écoutez un extrait ici :
Malarafe :
Alexandre Fecteau – sax alto
Simon Lapointe – piano
Jean Félix Mailloux – contrebasse
Jonathan Racine-Ménard – batterie
En spectacle au Upstairs Jazz Bar & Grill 1254 Mackay, Montréal H3G 2H4
le 19 SEPTEMBRE 2018 20h: 8$, 21h15: 8$ & 22h30: gratuit Pour réserver : 514 931 6808
Je serai en spectacle en trio avec Simon Dolan (basse) et Sébastien Lamontagne (batterie) mardi le 21 novembre prochain à 20h à l’EtOH (8100, St-Denis, Montréal H2P 2G6). Nous y interpréterons entre autres des pièces de Medeski, Martin and Wood.
Cliquez ici pour écouter un extrait du spectacle du 18 juillet dernier :
[kote:welɛt] est un duo composé de Simon Côté-Lapointe au piano et de Jean-François Ouellet au saxophone. Ces deux improvisateurs, arrangeurs et compositeurs de haut calibre se réapproprient les standards de jazz à travers une démarche moderne et originale.